Critique de Sea of Stars [Series X]

La 2D à l’ancienne à de plus en plus le vent en poupe depuis quelques années. On ne compte plus les pépites indépendantes qui ont su marquer les esprits (Guacamelee, Shredder’s Revenge, Wonderboy, Streets of Rage 4 et j’en passe) et c’est pourquoi quand le studio Sabotage, à qui on doit l’incroyable The30 Messenger, a annoncé Sea of Stars, un RPG en 2D, inutile de vous dire que je n’étais que joie et allégresse. Après avoir terminé la démo sur Switch il y a des mois, j’ai appris son arrivée dans le Game Pass et j’étais donc au taquet pour sa sortie le 31 août.

Sea of Stars une ode au JRPG

Travail d’orfèvre


Je peux vous le dire après tout ce temps passé sur le jeu, Sea of Stars est incroyable graphiquement. Le style 2D à l’ancienne fait clairement mouche surtout que les animations sont incroyables. Mais l’aspect technique du jeu ne serait sans doute rien sans cette direction artistique magnifique. Tout est travaillé dans le moindre détail que ce soient les décors ou les personnages. J’avais déjà complètement craqué sur la démo mais force est de constater que même sur plusieurs dizaines d’heures le jeu arrive encore et toujours à nous happer malgré évidemment quelques clichés qui ont la vie dure dans ce type de jeux (ville portuaire, forêt lugubre, usine futuriste…). De même, si l’aspect graphique est incroyable, les jeux de lumière sont superbement renforcés quand on change le temps de la journée en temps réel (basculer du jour à la nuit en temps réel projette les ombres de fin de journée et change totalement la coloration des décors, c’est tout bonnement magistral). Outre le visuel, Sea of Stars propose une ambiance sonore unique et à mon sens incroyable. Le thème de Garl par exemple est juste un de mes préférés de tout le jeu, mais les autres musiques ne sont pas en reste. Bémol tout de même sur l’absence de doublage même si les textes sont dans un français impeccable (le contraire aurait et scandaleux puisque le développeur est Québécois). Toutefois si l’on part du principe que le jeu est un hommage aux JRPG de l’époque 16-bits, cette absence de voix fait sens avec la démarche même si elle est regrettable.

Les jeux de lumière sont sublimes.

Cliché prenant


Le titre de Sabotage se joue parfois des écueils du genre en les adaptant de fort belle manière. Par exemple le héros orphelin qui a une destinée. Ici ils sont deux mais surtout ils ne sont pas les seuls. En effet, il arrive régulièrement que pendant un solstice (d’été ou d’hiver) un enfant soit apporté par le Grand Aigle. Cet enfant sera destiné à devenir un guerrier du Solstice et devra déjouer les plans du Fleshmancer en détruisant ses Hôtes, des entités surpuissantes faibles seulement pendant une éclipse. Nos deux héros, Zale et Valere, respectivement nés pendant un solstice d’été et d’hiver, possèdent ainsi des attaques élémentaires affiliées à leur élément :le Soleil ou la Lune. Là où le lore du jeu est malin c’est que nos héros font suite à de très nombreux guerriers du solstice. Ce qui ne les rend pas plus unique que leurs prédécesseurs. Ingénieux. Le titre ne prend toutefois jamais vraiment à contre-pied le genre dont il s’inspire et on retrouvera les classiques forgerons qui proposeront toujours de meilleurs équipements au fur et à mesure que notre épopée avance. De même, la cuisine (qu’on retrouve très souvent dans les Tales of par exemple) et qui jouera ici un rôle prépondérant puisqu’il s’agit du seul moyen de soigner son équipe (hormis la magie ou les feux de camp).

Admirez cette direction artistique folle.

Un gameplay unique

Petit clin d’oeil à The Messenger dans ce tableau.

Si on peut reprocher parfois un léger manque de lisibilité dans quelques décors, il faut bien avouer que c’est toujours un plaisir de s’y balader. Mais en combat aucun problème, le système de jeu de Sea of Stars est peaufiné dans les moindres détails. En effet, je mentionnais les éléments plus tôt mais ils ont une vraie importance lors des joutes. Attaquer un ennemi fait surgir des orbes que l’on peut ensuite récupérer en les aspirant pour utiliser son élément naturel (soleil, lune, poison…) lors de la prochaine attaque de base. Cela renforce également les dégâts infligés et permet surtout d’annuler parfois les attaques ennemies. Je m’explique. Le titre propose un tour par tour tout ce qu’il y a de plus classique. Toutefois on peut choisir lequel de ses trois personnages passe à l’action (on peut même intervertir sans pénalité avec un de la réserve) ce qui donne aux combats un aspect stratégique certain. En effet, très souvent vous verrez des « verrous » au dessus des ennemis et le nombre de « tours » nécessaires pour lancer leur prochaine offensive. Sur ces verrous on note par exemple une case Lune et deux cases Épée. Cela veut dire qu’il faut utiliser une attaque de Valere à base de Lune (les éléments affiliés aux attaques sont visibles) et mettre deux coups d’épée avec Zale. Il faut souvent une gymnastique cérébrale pour arriver à débloquer tous les verrous avant que l’attaque n’arrive. Mais si on réussit on est récompensé par le fait d’annuler l’attaque adverse. Il faut impérativement maîtriser cet aspect contre les Boss pour espérer sortir victorieux de ces combats.

La pêche est sympathique et aide à pouvoir cuisiner certains plats.

Mais pour celles et ceux qui aiment les JRPG sans que la difficulté ne les cloue au sol au moindre ennemi Sea of Stars a l’intelligence de proposer un système de Reliques pour ajuster notre expérience de jeu. Ainsi on peut choisir d’activer ou non ces dernières et profiter ou non de leur bonus. Il y a celle qui propose des réductions chez les marchands, celle qui soigne l’équipe après chaque combat, celle qui aide aux synchronisations… Leur nombre est élevé et on peut les acheter dans certaines boutiques. L’avantage c’est qu’on peut changer d’expérience quand on le souhaite. Une excellente idée très pratique je l’avoue et qui pourrait inspirer la concurrence pour proposer des défis pour tous les publics. Je vous l’avoue j’adore ce concept qui peut être décliné dans n’importe quel type de jeu et qui permettrait d’adapter l’expérience à chaque joueur(euse). Et je ne l’ai pas mentionné car je suis un joueur sans aucun skill mais il y a également des reliques qui augmentent la difficulté en augmentant les dégâts reçus par exemple. Le studio Sabotage a vraiment maîtrisé son sujet à ce niveau là c’est certain.

Notez le clin d’œil à FFVII…

Du contenu pas démesuré

Si on est en droit d’attendre d’un jeu d’avoir accès à beaucoup de contenu annexe, il ne faut jamais tomber dans la surenchère (Assassin’s Creed Valhalla) ou le simple remplissage (Final Fantasy XVI). Trouver le juste milieu est souvent compliqué même si certains jeux ont réussi (Paper Mario Origami King). Et ce que je peux dire de ce Sea of Stars c’est que le contrat est rempli. Les quêtes annexes sont assez peu nombreuses et les deux plus gros objectifs annexes du titre seront la recherche des conques arc-en-ciel ainsi que la construction complète de la ville de Mirth. On a bien sûr quelques petites quêtes par ci par là (retrouver des enfants qui jouent à cache cache, la pêche…) mais rien qui vous ferait soupirer d’avance. L’équilibre est donc plutôt réussi et on prend plaisir à faire l’annexe autant qu’à suivre l’histoire principale et c’est bien l’essentiel selon moi.

La lumière est superbement restituée.

Conclusion

Est ce que Sea of Stars est une réussite ? Assurément. Tout dans le titre de Sabotage respire l’amour du genre et l’envie de bien faire. Certes tout n’est pas parfait (absence de doublage, quelques passages un peu longs…) mais ce ne sont que des broutilles devant la qualité globale d’un jeu qui mérite amplement votre intérêt. A moins d’être complètement allergique à la 2D ou au JRPG je ne vois absolument aucune raison de ne pas vous le conseiller. D’autant plus qu’il est présent dans le Game Pass et le PlayStation Plus Premium. Pour les possesseurs de Switch, au vu de sa technique, le jeu tourne également parfaitement sur la machine de Nintendo. A vous donc de choisir votre arme mais croyez-en un fan du genre, Sea of Stars est bien parti pour être mon GOTY

Au final...

J'ai aimé :
  • La 2D incroyable
  • La DA superbe
  • L’OST magique
  • Le système de reliques pour ajuster la difficulté
  • Le scénario
  • La durée de vie
J'ai moins aimé :
  • Parfois un peu convenu
  • Finalement assez peu d’annexe
  • On en veut encore…
Romain Boutté
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