Critique de Yakuza – Like a Dragon [Series X]

« Comment renouveler une saga sans en trahir l’esprit ? » sont certainement les mots qui ont traversé l’esprit des gens du studio Ryu Ga Gotoku lorsqu’ils ont décidé de la suite à donner à la série Yakuza. Après un Yakuza 6 qui mettait théoriquement fin aux déboires d’un des meilleurs héros de jeu vidéo j’ai nommé Kazuma Kiryu, il fallait que le studio trouve de nouvelles idées. Et clairement si on peut reprocher des choses au studio, on ne pourra clairement pas dire qu’ils n’ont pas osé tenter de l’inédit. En effet, Yakuza – Like a Dragon est un JRPG avec tout l’esprit déjanté de la série Yakuza. Explications de comment une idée à priori saugrenue a rendu un titre incroyable.

Yakuza – Like a Dragon Quest

Nouveauté totale

Commençons par le début. Non le héros n’est plus Kazuma Kiryu. Pour remplacer un personnage aussi emblématique de la saga, il fallait clairement une pointure et c’est pourtant un nouveau-venu qui débarque de nulle part : Ichiban Kasuga. A l’instar de ce que propose la saga depuis toujours, on a droit à un héros qui fait partie d’une famille de yakuzas et qui va se retrouver malgré lui dans des embrouilles qui le dépassent après avoir passé une partie sa vie en prison. Le scénario des jeux de la série étant un de ses atouts principaux, je ne dévoilerai rien de ce dernier ici mais sachez que ce Like a Dragon propose une histoire passionnante. Par moments j’ai même pensé que l’inspiration des développeurs avait été l’excellent manga Sanctuary (que je vous conseille fortement au passage) tant les thèmes abordés étaient similaires. Pêle-mêle on retrouvera l’univers de la pègre, de la politique, de la loyauté et de la corruption. Dans tous les cas j’ai même pris beaucoup plus de plaisir à suivre ce scénario que celui des derniers opus de la licence. Ce qui est un vrai bon signe.

Le jeu n’usurpe pas son PEGI18 avec des scènes plutôt sanglantes par moments…

 

Un JRPG ? Vraiment ?

Oui oui, Like a Dragon est un pur JRPG. Cela peut paraitre surprenant mais en voulant diversifier le gameplay de la saga, le studio a opté pour un changement complet de style. Les combats se déroulent ainsi au tour par tour, où la vitesse de chaque personnage influe évidemment sur sa capacité à attaquer en premier. Là où Like a Dragon fait fort c’est que rapidement il met en place l’idée du JRPG par le biais d’Ichiban, grand fan de Dragon Quest qui voit la vie comme un jeu vidéo. Oui c’est barré mais ça fonctionne à merveille. D’autant qu’il ne s’agit pas d’un simple gimmick et que le jeu est vraiment bichonné de ce côté-là. En effet, outre les attaques spéciales on a aussi droit à l’utilisation d’objets ou même des invocations ! Ces dernières seront en fait des « acolytes » qui viendront vous prêter main forte contre une certaine somme d’argent. Pour renforcer la liste il faudra faire les nombreuses quêtes annexes dont regorge le titre bien évidemment.

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Mais qui dit JRPG dit points d’expérience. Et donc forcément chaque combat remporté en rapporte à vos personnages. Mais là où le jeu est intelligent c’est qu’il propose une série de jobs que vos personnages peuvent endosser pour se spécialiser dans telle ou telle manière de combattre. Evidemment tout est adapté à la sauce Yakuza et en lieu et place de guerrier ou mage noir comme on peut le voir dans Final Fantasy, on a ici des jobs comme Reine de la nuitHôte ou Force de l’ordre par exemple. Avec en plus un job unique pour chaque personnage (Héros pour IchibanSDF pour Nanba etc…). Totalement délirant surtout certaines attaques complètement barrées (le raid de pigeons est incroyable). Un concept certes connu mais diablement efficace et particulièrement bien adapté à l’ambiance de Like a Dragon. A noter les ennemis qui sont souvent farfelus (homme-poubelle, cuisinier etc…) et qui font rire rien que par leur look.

L’appel de pigeons me fait mourir de rire. En plus l’attaque est puissante !

Contenu Yakuzesque

Ce que j’ai trouvé incroyable c’est que malgré le gameplay complètement différent, la cohérence de l’univers de la série est respectée. Le côté JRPG n’entache jamais l’aventure ou le scénario (malgré quelques combats un peu abusé contre des engins de chantier par exemple). De plus, il justifie au final le loot et l’achat d’objets et d’équipements. On passera le plus clair de l’aventure dans la ville de Yokohama et le nombre de choses à y faire est comme d’habitude gargantuesque. On a évidemment les quêtes annexes scénarisées habituelles mais pas que. En effet, assez rapidement dans l’aventure se débloque la possibilité de remplir des missions annexes de héros à mi-temps. Cela impliquera évidemment de défaire certains types d’adversaires précis ou d’aller défendre quelqu’un qui se fait agresser mais également de parcourir la ville pour manger dans tous les restaurants, participer aux mini-jeux (fléchettes, base-ball, golf, course de canettes…) ou encore de remplir des objectifs comme parler aux gens ou marcher tant de kilomètres. Evidemment, certains de ces objectifs se font tout seul au fur et à mesure que l’on joue mais pour les autres il faut s’organiser. La liste des objectifs est bien sûr disponible dans le menu pour savoir où on en est. L’avantage de remplir ces objectifs c’est qu’en plus de l’argent et de l’équipement que cela rapporte c’est qu’on peut aussi faire grimper les jauges de caractère d’Ichiban (intelligence, charisme, gentillesse…). Ces derniers sont indispensables si on souhaite effectuer toutes les quêtes annexes en vue du 1000G/trophée platine ou bien même pour débloquer certains jobs. Rassurez-vous toutefois les caractéristiques montent au fur et à mesure du jeu même si on ne s’en occupe pas directement. Mais pour atteindre le niveau 10 partout il va falloir un peu cravacher.

Notez le menu inspiré de Persona en combat.

 

Au delà de tout ça, Like a Dragon est très riche car il propose deux à-côtés très prenant et funs : Dragon Kart et Ichiban Confections. Le premier vous vous en doutez est une copie de Mario Kart et franchement pour un simple « jeu dans le jeu » c’est très réussi ! Il y a un système de coupes, des karts avec des caractéristiques différentes et les sensations sont bien là (même le système d’objet qui permet d’avoir des roquettes pour se débarrasser des ennemis). Le truc parfait pour varier les plaisirs avec le jeu de base. L’autre gros morceau annexe est le mode de gestion Ichiban Confections. En gros il faut devenir l’entreprise numéro 1 de Yokohama et pour cela il faudra faire de l’investissement. Globalement on doit embaucher des gens pour tenir nos différentes entreprises et faire en sorte que les ventes se passent bien. Au bout de 3 exercices on a une réunion avec les actionnaires et c’est le moment de vraiment faire grimper la cote de la société. Pour cela c’est encore un mini jeu où nos employés vont « combattre » les actionnaires et leurs questions via un système de pierre/feuille/ciseau. Quand on a pigé le truc c’est finalement plutôt simple. Cet à-côté est extrêmement important selon moi. En effet, il permet de débloquer un personnage caché très puissant (sa capacité jet de punaises est incroyablement utile) mais également de gagner beaucoup d’argent. A chaque réunion d’actionnaires qui se passe bien on débloque un bonus de leur part. Ce bonus peut aller à la fin jusqu’à 3 000 000 de yens ! Autant vous dire que j’ai passé de nombreuses heures sur cet aspect du jeu pour ne plus me retrouver dans le besoin niveau finances !

Ichiban Confections est primordial pour gagner de l’argent. Notez Eri, le personnage jouable caché qui se joindra à vous si vous atteignez un certain rang.

Technique au top

Je n’en ai pas encore parlé mais l’aspect technique de Like a Dragon est très réussi. Le Dragon Engine fait encore une fois des merveilles et les détails des visages pendant les cinématiques sont tout bonnement incroyables. De même que l’ambiance sonore une nouvelle fois parfaite. Le doublage japonais est un plaisir pour les oreilles tant tous les doubleurs sont investis. Côté musiques, même si elles sont plus discrètes que dans JRPG classique, elles sont tout de même très sympathiques. Clairement l’ambiance est vraiment top, entre les voix, les bruitages et autres, on s’y croirait. On sent tout de même que le jeu est sorti en début de génération, car s’il reste superbe, on a parfois des détails pas forcément dingues, signe que Like a Dragon sortait de base sur PS4/Xbox One. Mais je chipote tant il est réussi visuellement. On pourra pester parfois au placement des personnages pendant les combats qui se coincent dans le décor ou quoi mais globalement il n’y a rien à dire. Le titre sur Series X est disponible comme beaucoup de jeu en mode fluidité ou performance. Pour avoir testé les deux, le mode 4k/30fps tourne nickel. Ayant terminé le jeu en plus de 80 heures je peux dire qu’il en donne pour son argent !

Notez la qualité de la modélisation…

Conclusion

J’ai pris un pied pas possible sur ce Like a Dragon. Le titre de SEGA est sublime, propose un gameplay jouissif et un contenu gargantuesque. Et surtout, en tant que fan de la saga Yakuza, je dois bien avouer qu’à aucun moment je n’ai trouvé le choix d’en faire un JRPG étrange. Et c’est vraiment bon signe. Alors certes, j’ai pesté une fois ou deux contre la difficulté qui augmente d’un coup sans prévenir, obligeant à farmer un peu, mais dans l’ensemble l’équilibrage est très bon. Et comme toujours, l’histoire, les à-côté, l’ambiance et tout le reste sont réussis. A mon sens il s’agit d’un chef d’oeuvre qui a réussi à modifier une formule qui semblait s’essouffler. Et même si pour la compréhension globale il est plus agréable d’avoir fait la série avant, on peut tout à fait aborder Like a Dragon sans savoir qui est Kazuma Kiryu. Je le conseille à tous, ceux fans de la saga et aussi à tous les fans de JRPG. D’autant plus qu’à l’heure où j’écris ces lignes, le jeu est disponible dans le Game Pass et sur l’abonnement PlayStation Premium/Extra. Aucune raison logique donc de passer à côté…

Au final

J'ai aimé :
  • Le côté JRPG qui chamboule tout
  • La technique quasi parfaite
  • L’histoire
  • La traduction française impeccable
  • Les à-côté (Dragon Kart)
  • La durée de vie
J'ai moins aimé :
  • Parfois quelques bugs en combat
  • Des pics de difficulté soudains
Romain Boutté
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