Test de Fairy Tail [PS4]

Fairy Tail écran titre

Les jeux adaptés de mangas sont souvent des jeux de baston. Il faut dire que les titres s’y prêtent bien puisque ce sont souvent des shonens qui sont choisis. Mais si certains s’en sortent admirablement (la saga des Naruto Ninja Storm ou le cultissime Dragon Ball FighterZ) nombre d’adaptations sont plus moyennes malheureusement. C’est pourquoi quand le studio Gust, à qui l’on doit la (très bonne) saga des Atelier a choisi d’adapter Fairy Tail et d’en faire un J-RPG j’étais aux anges. Disponible sur PS4, Switch et PC, je vous explique pourquoi le titre, malgré ses défauts, peut plaire aux fans du manga.

Fairy Tail : Le pouvoir de l’amitié sur PS4

Des bases indispensables

Fairy Tail Natsu et Lucy discutentContrairement à d’autres adaptations, pour apprécier pleinement Fairy Tail, il faut vraiment connaître l’œuvre de base. Déjà parce que le jeu ne commence pas au début du manga comme on aurait pu le penser mais bien plus tard dans l’histoire. Il vaut mieux donc être familier avec Natsu et ses amis pour vraiment se plonger dans le scénario. Petite piqûre de rappel cependant pour les profanes de l’œuvre. Fairy Tail est un manga créé par Hiro Mashima (à qui l’on doit d’ailleurs l’excellent Rave) et qui se passe dans le monde merveilleux et fictif de Fiore. Dans cet univers, la magie est prépondérante et de nombreuses personnes peuvent la pratiquer. Les magiciens sont inscrits dans des guildes, gérées par un Grand Conseil de la Magie qui détermine lesquelles sont légales ou non et sanctionnent celles qui font du dégât ou ne respectent pas les lois. Fairy Tail est le nom de la guilde dont Natsu, le héros enflammé, est membre. Il est rejoint rapidement par Lucy, une constellationniste (elle peut faire appel à des entités vivant dans le monde des esprits grâce à des clés comme par exemple les signes du zodiaque). Chaque personnage de la guilde possède ses propres facultés (Grey maitrise la glace, Natsu le feu…) et sa personnalité. Evidemment certains caractères sont clichés mais l’ensemble de la galerie de personnages est sympathique et on en trouve forcément un qui nous plait. Mais là où Fairy Tail a été critiqué c’est dans sa représentation des personnages féminins (la plupart possède des poitrines relativement imposantes et sont souvent placées dans des positions suggestives disons). Mais malgré tout, l’idée de suivre les péripéties de cette guilde déjantée est vraiment agréable et même s’il ne s’agit pas d’une référence pour moi, Fairy Tail est un manga qui mérite le coup d’œil.

Fairy Tail Gildarts parle devant la guilde
Certains personnages ne sont malheureusement pas jouables.

La patte Gust

Fairy Tail Grey attaque un ennemiPour en revenir au jeu en lui-même, il faut savoir que comme je le mentionnais précédemment, le titre démarre directement après un arc du manga qui a vu la plupart des membres de la guilde enfermés dans une faille pendant 7 ans. A leur retour, la guilde n’est plus que l’ombre d’elle-même et ils vont devoir tout faire pour rebâtir sa réputation. Si l’idée de faire démarrer l’aventure ici peut laisser perplexe je la trouve pour ma part très pertinente. En effet, les héros sont à ce moment-là en bas de l’échelle et doivent s’entraîner pour revenir au niveau de leurs concurrents. Ce qui est parfait pour un J-RPG ! On commence donc bien sûr avec des personnages niveau 1 qui connaissent néanmoins quelques sorts. Mais avant de revenir en détails sur le gameplay de Fairy Tail, je souhaite vous parler de son côté technique. La série des Atelier n’a jamais brillé par son moteur 3D et même si certains épisodes étaient mieux aboutis que d’autres, globalement, les jeux de Gust n’ont jamais été des cadors dans ce domaine. La direction artistique de ces jeux faisait en fait pencher la balance puisqu’elle était en général très réussie. Fairy Tail reprend ce même moteur graphique. L’avantage c’est qu’il se prête très bien au cel-shading et à l’univers du manga. Les personnages principaux sont ainsi très bien modélisés et l’œuvre est globalement bien respectée. Gros bémol par contre dans la modélisation des décors. Sans être hideux, ces derniers manquent souvent de détails et les zones ne sont pas très ouvertes avec des chemins bien tracés. C’est pourquoi il est incompréhensible d’avoir des grosses chutes de framerate par moments alors que rien à l’écran ne sort de l’ordinaire, en particulier sur une PlayStation 4 Pro ! Clairement, le titre aurait pu sortir sur PlayStation 3 sans problème. Alors oui, en combat les effets de lumière et d’attaque sont jolis mais le reste n’est pas du niveau de ce que l’on peut attendre d’un titre qui sort en 2020 (surtout après les claques techniques infligées respectivement par The Last of Us Part II et Ghost of Tsushima).

Fairy Tail Natsu se balade en ville
On passe à travers certains personnages…No comment.

Fairy Tail tableau des rangsMais l’influence du développeur se retrouve aussi dans le gameplay. En bon habitué des J-RPG avec les Atelier, le studio Gust propose ici un système de combat vraiment sympathique et dynamique. S’il s’agit de tour par tour (l’ordre des personnages étant attribué en fonction de leur vitesse), chaque attaque possède une zone d’action et il faut s’en servir pour éliminer le maximum d’ennemis en un minimum d’efforts. En fait la zone de combat adverse est composée d’un damier invisible et lorsque vous sélectionnez une attaque, une fenêtre vous indique combien de carrés du damier et lesquels seront affectés. On peut ainsi attaquer plusieurs adversaires (voire toute la zone du combat avec certaines attaques) et agir en fonction des compétences de chacun. Ingénieux. Le système classique des forces et faiblesses élémentaires est également de la partie même s’il reste à mon sens assez anecdotique (j’ai déjà tué des ennemis en un coup avec des techniques contre lesquels ils étaient normalement résistants). Là où je trouve que Fairy Tail se démarque des autres J-RPG c’est dans son utilisation de la magie.

Fairy Tail Erza en armure
Erza est mon personnage préféré. Sublime, badass, avec un fort caractère. J’adore.

Fairy Tail écran des objectifs de guildeJe fais partie des joueurs qui en temps normal ne l’utilise qu’en cas de besoin et qui privilégie globalement les attaques physiques. Mais ici non. Parce que les attaques physiques sont si faibles en comparaison des attaques magiques qu’il vaut mieux les oublier. Seules les plus puissantes magies consomment beaucoup de MP, la plupart sont en fait très peu gourmandes et il est donc vivement conseillé de les utiliser constamment. Une bonne idée puisqu’au final dans le manga les personnages ne font que de combattre grâce à leur magie. Autre point respectueux de l’oeuvre de Mashima : le pouvoir de l’amitié. On peut, en augmentant régulièrement l’affinité entre les personnages, déclencher régulièrement des attaques de coopération magique. Ces dernières sont dévastatrices et attaquent toute la zone ennemie. Un compteur de dégâts montre d’ailleurs à la fin de l’attaque à quel point vous avez été puissant et efficace (ou pas). Pour restaurer les MP utilisés en combat, plusieurs solutions : rentrer à la guilde (pas d’auberge comme dans les autres J-RPG), utiliser des objets, effectuer une attaque physique, vaincre des ennemis (ces derniers laissent des orbes restaurant un peu les MP en mourant) ou finir des combats (comme dans un Tales of, les MP remontent doucement à la fin des joutes).

Fairy Tail Wendy explose des ennemis
Wendy a beau être jeune, c’est une chasseuse de dragons. Elle est badass !

Vers le sommet

Fairy Tail Natsu en feuComme je le disais en préambule, le jeu démarre après l’arc de l’île Tenro et la guilde n’a plus son aura d’autrefois à cause des 7 ans écoulés. Le but principal sera donc de lui rendre sa gloire d’antan en faisant grimper son niveau. La meilleure technique sera donc d’enchaîner les missions disponibles sur le tableau d’affichage. Divisées en plusieurs catégories selon leur difficulté (du rang D au rang S), ces dernières sont malheureusement très répétitives et ne consistent en général qu’à aller tuer des monstres à divers endroits. Certaines quêtes essayent d’être plus « vivantes » avec des dialogues entre les personnages mais cela ne va jamais bien loin malheureusement et le fond de la chose reste le même. Remplir les missions permet également de gagner des joyaux (la monnaie du monde de Fiore) et des points de capacités. Ces derniers permettent d’augmenter le rang des personnages et ainsi de débloquer des techniques et des bonus (nouveau costume, bonus passifs en combat…). On peut ainsi aller jusqu’au niveau 10 pour le rang mais il faut débloquer certains paliers en accomplissant des quêtes d’histoire de personnage. Jamais longues ni vraiment difficiles, elles ont le mérite de montrer que les développeurs connaissent le manga et respectent bien les caractères des différents protagonistes de Fairy Tail. De même, lorsque la guilde aura pris du grade, vous aurez la possibilité de l’agrandir (moyennant finances et objets récoltés sur les monstres) pour obtenir un magasin d’objets ou un laboratoire de lacrimas par exemple. Cette dernière installation est d’ailleurs vraiment importante puisque les lacrimas sont des pierres précieuses octroyant divers bonus aux personnages (plus de vie, de force…). Avec plusieurs niveaux de puissance disponible et un peu d’alchimie pour les fabriquer, ces pierres sont vite indispensables (surtout que les personnages peuvent en porter plusieurs sur eux du fait de l’absence totale d’armes et armures à équiper). Autant vous le dire tout de suite, vous allez passer du temps à faire grimper votre niveau de guilde.

Fairy Tail Miliana discute avec Erza
Certains passages sont en mode « dessin » et sont plutôt réussis.

Quelques faux pas

Fairy Tail Erza s'enflamme
Le caractère des personnages est bien respecté !

Si le gameplay du titre n’est pas vraiment à remettre en cause (il faut dire qu’on est très proche de ce qui se fait dans un Atelier), le jeu de Gust cumule quand même pas mal d’erreurs qui l’empêchent de devenir un très bon jeu. J’ai déjà mentionné l’aspect technique précédemment donc je ne reviendrai pas dessus mais clairement c’est pour moi un gros point noir. On peut noter également la difficulté assez aléatoire puisque certains passages sont des parties de plaisir et que d’un coup on doit aller « pexer » pour pouvoir continuer l’histoire. Rageant. De même, si la durée de vie est dans la norme (entre 30 et 50 heures selon ce que vous souhaitez voir du jeu), les quêtes inintéressantes et répétitives auront vite fait de vous lasser. Et c’est en plus sans compter que le jeu ne traite pas tout le manga puisque s’il démarre après l’arc Tenro, il ne couvre que deux gros arcs. Difficile à avaler surtout quand on sait que l’oeuvre est maintenant terminée depuis longtemps. Autre point dérangeant selon moi, le manque de « vie » des dialogues. Si certains sont entièrement doublés (par les doubleurs officiels de l’animé et avec des sous-titres français s’il vous plait !), la plupart ne sont qu’une succession de textes sans réelle saveur. Certains personnages n’apparaissant même pas à l’écran alors qu’ils ont des bulles de dialogues ! Totalement incompréhensible. Chaque défaut pris séparément ne serait pas si grave mais quand on cumule le tout, on se rend alors compte à quel point le jeu manque de finition. Il a beau être pétri de bonne volonté ce n’est pas suffisant pour lui permettre de s’imposer, surtout à 70€.

Fairy Tail Erza en maillot de bain
Oui. Encore Erza. Oui elle est en maillot de bain. Mais c’est surtout pour vous montrer que les personnages ont plusieurs costumes.

Conclusion

Comprenez-moi, en soi, Fairy Tail n’est pas un mauvais jeu. Certes, il a vraiment beaucoup de défauts, certains plus graves que d’autres. Malgré tout je dois bien l’avouer, je m’amuse bien dessus, alors même que Fairy Tail n’est pas mon manga favori. Je pense sincèrement qu’avec plus de moyens, le jeu de Gust aurait pu devenir une référence. Avec un côté technique digne de 2020, des quêtes moins répétitives, des cut-scenes plus vivantes et une histoire qui reprendrait l’oeuvre dans sa totalité je pense sincèrement qu’il aurait pu prouver que n’importe quel shonen peut devenir un J-RPG complet et prenant. Au lieu de cela il faudra se contenter d’un titre sympathique, respectueux de l’oeuvre, mais pas assez abouti. A vous de voir si vous êtes assez fan du matériau d’origine pour vous plonger dans le jeu. Mais si vous appréciez Natsu et ses amis ainsi que les J-RPG vous passerez sans doute un bon momentUne petite déception donc mais j’ai bon espoir que malgré tout il inspire la concurrence à nous livrer autre chose que de simples jeux de combats pour des adaptations de mangas

Graphismes:2.5 out of 5 stars
Gameplay:3 out of 5 stars
Bande-son:4 out of 5 stars
Durée de vie:3.5 out of 5 stars
Note finale:3 out of 5 stars

*Ce test a été réalisé sur PlayStation 4 Pro à partir d’une version commerciale gracieusement fournie par notre partenaire Koch Media que nous remercions encore chaleureusement pour leur confiance.*

Romain Boutté
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