Critique de Légendes Pokémon ZA [Switch 2]

S’il y a bien une licence à côté de laquelle je suis passé c’est bien Pokémon. J’ai fini le Pokédex de la version bleue sur Game Boy et puis j’ai complétement lâché la saga. Jusqu’à lancer à sa sortie Pokemon Let’s Go Evoli. Qui m’ en fait rappelé pourquoi cette saga était cool ! Du coup j’avais fini le jeu et fait dans la foulée Diamant Étincelant et surtout Épée que j’avais beaucoup aimé. Après l’acquisition de ma Switch 2 j’avais pris mon courage à deux mains pour faire Pokémon Écarlate et j’avais été très déçu. C’est pourquoi j’ai lancé Légendes Pokémon ZA avec une certaine appréhension…

Légendes Pokémon ZA – Zéro Ambition ?

Illumis, ville prison ?

Ce que j’aime dans un RPG et dans Pokémon c’est l’appel de l’aventure ! On visite des tas de lieux, des villes, des villages… On voit du pays en somme ! Et bien sachez déjà que dans Pokémon ZA la ville d’Illumis sera votre seul point de chute. Assez petite comparativement au monde ouvert (certes raté et peu organique) de Pokémon Écarlate, elle se paie le luxe de recycler ses textures de bâtiment qui sont aussi lisses et sans reliefs qu’un repas composé d’un verre d’eau et d’un bout de pain rassis. La saga n’a certes jamais vraiment brillé pour ses graphismes, surtout depuis son passage à la 3D mais tout de même, nous étions en droit d’attendre quelque chose d’un minimum abouti vu la puissance de la Switch 2 par rapport à sa grande sœur. Un peu dommage donc qu’il faille se contenter d’un look de jeu qui aurait sa place sur Game Cube. Et pourtant cette dernière nous a sorti des pépites autrement plus belles que ce Pokémon ZA (Wind Waker pour ne citer que lui dans un style visuel approchant…). En clair, ne vous attendez pas à voir du pays parce qu’hormis une ou deux zones dans la ville avec un aspect différent (neige…) vous ne verrez que les mêmes bâtiments en boucle. Triste.

On peut tout à fait se poser au café avec son Pokémon.

Une profusion de Pokémons

Ce qu’on ne peut pas reprocher à Pokémon ZA c’est son Pokédex. Le nombre de Pokémon à attraper est très élevé et on a très peu de Pokémon « remplissage » ou hors-sujet comme on peut en avoir parfois (coucou les Pokémon voiture !). J’ai réussi à me construire une équipe qui me convenait assez rapidement et ça c’est un vrai plus ! Surtout que pour une fois j’ai changé régulièrement des membres, chose que je faisais pourtant assez rarement dans les autres opus. Mais il faut dire qu’à l’instar de Légendes Arceus, les affinités de type comptent vraiment ! On peut vite prendre une rouste par un adversaire de niveau moins élevé juste parce qu’on a pas le bon type en face. Ça rend certaines joutes grisantes car il faut s’adapter en temps réel pour vaincre ses ennemis. Et puisqu’on parle de ça il faut aborder LE sujet qui fait de Pokémon Z-A un jeu à part dans la saga : les combats.

L’interface est simple à comprendre

Exit le tour par tour classique de la licence. Ici on se bastonne en temps réel. Alors en fait on a toujours 4 attaques possibles par Pokémon mais chacune est attribuée à un bouton de la manette. Une fois une attaque lancée il y a un cooldown avant que cette dernière ne se recharge et qu’on puisse de nouveau la lancer. Évidemment plus l’attaque est puissante et plus elle est longue à recharger. Point positif, les capacités apprises par votre équipe ne disparaissent jamais et peuvent être réattribuées à l’envi directement dans le menu ! Et mine de rien c’est très appréciable. Il faut du coup trouver les meilleures combinaisons pour être le plus efficace possible et surtout ne pas avoir peur de changer de Pokémon à la volée si on en a un avec un type plus adapté. Le vrai reproche c’est que ce qu’on gagne en dynamisme on le perd en lisibilité et en stratégie puisqu’on a tendance à spammer ses attaques les plus puissantes. Et au final le côté RPG du jeu n’est visible que par la montée en niveau de vos petits monstres. Un peu dommage à mon sens même si le virage opéré peut plaire à un autre public notamment aux plus jeunes.

Le nombre de chevrons à côté du nom indique la facilité de capture en temps réel. Pratique !

Pas une légende…

J’ai déjà parlé de l’aspect technique clairement décevant donc je ne m’étendrai pas trop dessus mais Pokémon ZA est tout de même extrêmement fainéant dans sa réalisation. Certes les Pokémons sont bien animés et plutôt jolis à regarder, de même que certains effets visuels mais nous étions en droit de nous attendre à bien mieux à ce niveau-là. Surtout que la direction artistique ne sauve pas vraiment les meubles malheureusement. On a au moins la chance d’avoir un contenu plus qu’honnête en terme de quêtes annexes qui sont vraiment nombreuses et poussent à compléter le Pokédex. Le nombre de Pokémon à recruter est également très élevé et pousse à la complétion. Autre grand regret technique : l’ambiance sonore. Si les bruitages sont corrects (encore que nous serions en droit d’attendre des vrais cris pour les Pokémon qui ne seraient pas issus d’une version Game Boy), le manque de doublage fait encore une fois cruellement défaut ! L’ambiance tombe à plat et on peine à se sentir impliqué dans l’histoire (au demeurant classique mais plutôt sympathique). Idem côté musiques puisque rien de mémorable ne nous est proposé durant l’aventure malheureusement.

La ville est en fait assez réduite. Triste.

Plus Z que A

Je n’ai pas encore abordé LE point noir (selon moi) de Pokémon ZA : sa boucle de gameplay. Le jeu propose un cycle jour/nuit et dès que la nuit tombe une zone de combat apparaît en ville. En vous y rendant vous pourrez (devrez) affronter des dresseurs ce qui vous rapportera expérience, argent mais aussi points pour augmenter de rang. Parce que oui le Z-A du titre a un sens. Il faut atteindre le rang A pour pouvoir finir le jeu et pour changer de rang il faut cumuler des points afin d’obtenir un ticket défi afin de pouvoir affronter un adversaire défini ce qui fera avancer votre rang mais aussi l’histoire. Si sur le papier l’idée est sympathique et change un peu des sempiternelles arène de type, dans les faits on fait très vite le tour du système. D’ailleurs une pirouette scénaristique fait en sorte de vous faire passer tout un tas de lettres de l’alphabet d’un seul coup, comme un aveu des limites de la proposition. Malgré tout, le titre reste redondant dans son gameplay puisqu’on alterne les phases de captures le jour (on peut aussi la nuit si on ne va pas dans la zone de combat mais dans les zones sauvages) et les combats « classés » la nuit. Le tout entrecoupé de quêtes annexes plus ou moins intéressantes, un Pokédex qui se remplit et les recherches de Myosotis en parallèle (il s’agit de réussir tout un tas d’objectifs comme capturer x Pokémon de type feu ou plante par exemple). Et un combat contre des Pokémon Férox régulièrement. Du coup, au bout de quelques heures de jeu, Pokémon ZA n’arrive plus à maintenir la flamme. J’ai mis une trentaine d’heures environ pour en voir le bout et les dernières étaient plutôt pénibles je l’avoue.

Les Mega-évolutions sont de la partie. Certaines sont plus réussies que d’autres.

Faut-il y jouer ?

Est-ce que Pokémon ZA est un mauvais jeu ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu’il cumule pas mal de défauts qui mis bout à bout entament sérieusement la qualité du produit final (graphismes datés, trop bourrin par moments, ambiance sonore en retrait, boucle de gameplay ultra redondante, une ville finalement assez petite…). Alors certes, si on exclut la toute dernière partie du jeu que j’ai trouvé infâme et inintéressante à jouer, je me suis beaucoup amusé malgré tout mais c’est parce que le concept même de la saga est génial de même que son bestiaire. Si le virage orienté plus action de la licence ne vous effraye pas alors vous pouvez vous laisser tenter mais gardez en tête tout de même que répétitivité et technique faiblarde vous accompagneront en même temps que votre Starter tout au long de l’aventure. De quoi regretter en tout cas que le virage entrepris avec Arceus n’ait pas été poursuivi ici…

Au final...

J'ai aimé
  • Le Pokédex bien rempli
  • La tentative de changement…
  • La capture facilitée et plus agréable
  • Les affinités de type très importantes
J'ai moins aimé
  • La technique aux fraises
  • …mais qui peut vite lasser
  • La boucle de gameplay répétitive
  • La dernière phase du jeu, infâme
  • Le système de rang qui n’apporte rien
  • La ville réduite et sans charme
  • L’ambiance sonore oubliable
  • Le nouveau système de combat un peu trop bourrin
  • L’action parfois illisible
  • Trop redondant dans son annexe
Romain Boutté
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