Critique de Nioh 2 [PS4]

Guerrier Magatsu Nioh 2

Nioh 2, une attente justifiée ?

Nioh avait créé la surprise en proposant un jeu inattendu, fruit d’une gestation douloureuse de près de 10 ans et qui s’inspirait aussi bien des succès récents des titres de la série Souls que de Diablo, en offrant une approche très originale dans ses combats.
Après avoir été charmé par Nioh et y avoir passé un peu plus de trois cents heures, j’attendais Nioh 2 comme le digne successeur d’un titre qui m’a conquis autant par son univers absolument sublime que par son gameplay accrocheur, exigeant et fantastique.

Nioh 2.0 ?

Après avoir terminé Nioh 2, deux fois même, et approcher petit à petit de ce que l’ont peut considérer comme la partie superflue du titre, à savoir commencer à récolter de l’équipement de très haut niveau pour se construire un ou plusieurs sets d’équipement, je pense avoir une vision plutôt juste des ajouts et modifications apportées par Nioh 2.

Et même si j’étais très heureux de rejouer à Nioh je dois bien avouer que les efforts fournis par la Team Ninja pour nous proposer cette suite sont loin de m’impressionner ou de me réjouir.

Les trois plus grosses nouveautés de Nioh 2 sont la possibilités de se transformer en yokai, le contre explosif et la possibilité d’utiliser les âmes des monstres du jeu en combat pour augmenter vos statistiques mais aussi réaliser des attaques spéciales. La transformation en yokai remplace l’arme vivante, qui était une forme spéciale très utile dans Nioh 1 et qui permettait de se sortir de beaucoup de situations critiques grâce à un excellent boost en dégâts et une nouvelle barre de vie.

Et à vrai dire, à moins de se spécialiser complètement dans le changement de forme yokai, d’utiliser plusieurs capacités pour la faire durer plus longtemps ou la rendre un peu plus forte, c’est une perte de temps et d’intérêt.

Le contre explosif est à la fois utilisable comme une parade contre les attaques explosives, entourées d’une aura rouge, des ennemis mais aussi comme une façon efficace d’annuler l’animation d’une attaque, d’annuler la pénalité de perte complète de stamina ou encore d’annuler simplement les dégâts de certains pièges. Il existe trois contres explosif différent, un pour chaque forme de yokai disponible dans Nioh 2.

Quant aux âmes de yokais, elles s’obtiennent aléatoirement après avoir tué un monstre et s’équipent en priant devant un temple. Chaque démon possèdent une capacité différente, qui va de l’attaque pure à la capacité de soutien et plus rarement à une simple augmentation de statistique. Et comme tout ce qui est lié au butin dans Nioh, les âmes de yokai possèdent des attributs aléatoires avec plus ou moins d’utilité.

Les attaques explosives, le contre explosif et les capacités yokai changent totalement la philosophie des combats dans Nioh 2. Si le premier se voulait être un jeu de samouraï affrontant d’autres samouraïs dans des joutes longues, dures et très lentes, Nioh 2 se voit plus comme un combat de MMA entre yokais dopés aux hormones.

Si Nioh demandait aux joueurs de garder leurs distances, d’apprendre les attaques des ennemis et surtout de ne pas être trop gourmand, dans Nioh 2 il faut justement apprendre à rapidement enchaîner les attaques et les capacités yokai afin de répondre efficacement aux attaques explosives par des contres pour pouvoir continuer à attaquer.

Et c’est pareil dans les combats de boss où la stratégie n’est plus de simplement les taper jusqu’à ce que mort s’en suive mais de réussir à casser la barre de ki du boss pour pouvoir le mettre à terre et enchaîner un coup de grâce. C’est cependant particulièrement difficile, en tout cas pendant la première partie, car vous ne disposez que de très peu de temps entre le moment où un boss perd sa barre de ki et le moment où il déclenche son royaume yokai.

Dans ce royaume yokai, qui est une version améliorée des flaques que peuvent invoquer la plupart des yokais, votre stamina peine à se régénérer et les boss gagnent de nouvelles attaques et capacités. Pour en sortir, il faut soit jouer la montre soit se montrer très agressif et réussir à casser de nouveau la barre d’endurance du boss.

J’aime beaucoup le concept de voir un boss gagner des capacités supplémentaires en plein combat sauf que le royaume yokai change complètement le rythme du combat, en vous faisant souvent passer sur la défensive alors qu’il faut justement attaquer pour y mettre fin.

Les boss sont d’ailleurs tous très oubliables, pour ne pas dire mauvais. Les combats contre des humains manquent vraiment du piquant qu’on pouvait retrouver dans la première joute contre Tachibana Muneshige dans le premier Nioh, qui reste une expérience assez unique tant en terme d’apprentissage du combat que de difficulté. Les boss démons sont quant à eux très fades, on combat en général des monstres géants mais très rapides avec des attaques auto-ciblées. On est très loin de l’excellente liste de boss à affronter dans Nioh 1 avec des combats vraiment mémorable comme Yamata no Orochi, Nue, Onryoki dans son arène pour claustrophobes, Hino Enma ou encore le géant Gasha Dokuro.

Nioh 2, une grosse deception ? 

Mais cette critique sur les boss, on pourrait aussi très bien l’appliquer aux niveaux que notre avatar visite dans Nioh 2. Si j’avais autant apprécié Nioh 1, ce n’était pas que pour son gameplay. Son univers était parfaitement construit et proposait des décors absolument sublimes du début à la fin de l’aventure.

Qu’on visite un village de pécheurs un peu sordide avec un ambiance de films de samouraïs ou un champ de bataille habité par des forces occultes, Nioh 1 savait faire plaisir aux yeux et pas que, en proposant des niveaux tout aussi beaux qu’intéressants à parcourir. Mais dans Nioh 2, tout est fade, dans les mêmes palettes de couleurs ou presque et rien ne se dégage des niveaux que l’on visite. Les châteaux se ressemblent tous, les cavernes sont les mêmes, le jeu a simplement oublié de proposer une personnalité à ses environnements.

Quand je repense aux trois premiers niveaux de Nioh, quatre avec l’introduction en Angleterre, je suis émerveillé par la diversité des environnements qui passe d’un château médiéval anglais à un village de pécheurs japonais, puis une grotte en montagne pour terminer par un village abandonné et maudit abritant une immense caverne habitée par des statues vivantes. Et les ennemis et boss rencontrés dans ces quatre niveaux sont mémorables, du Onryoki qu’on affronte dans une cale de bateau minuscule au Nue qui est un boss coriace mais juste là pour garder la seconde partie du niveau sans oublier Hino Enma et son combat juste excellent.

Et dans Nioh 2 ? L’introduction se passe dans un village japonais assez banal, le second niveau se passe aussi dans un village japonais plutôt banal et on commence le troisième dans un autre village japonais. On arrive cependant rapidement dans une magnifique caverne mais ce n’est qu’une très très grande pièce agrémentée de deux ou trois couloirs et d’une exploration très, trop, brève pour finalement arriver au boss.

Et l’histoire de Nioh 2 dans tout ça ? 

Si Nioh 1 prenait le temps de vous raconter l’histoire de William, un samouraï irlandais ayant vraiment existé, avec une intrigue pas forcement très originale mais qui se laissait largement suivre, Nioh 2 nous offre une histoire avec un protagoniste généré par nos soins. Nommé Hide, le héros de Nioh 2 a donc la personnalité d’une brique ou de Link, ce qui fait un peu mal après avoir passé plusieurs dizaines d’heures à suivre la quête de William.

Le scénario se concentre en fait sur la quête de pouvoir de Hideyoshi Toyotomi, l’une des figures historique les plus importantes du Japon. J’aurais sans doute apprécié un peu plus l’histoire si elle avait pris le temps de se développer mais tout semble aller tellement vite, avec des ellipses de plusieurs années pour amener les événements importants sans qu’on soit vraiment affecté ou impacté par ceux-ci. Nioh 2 m’a plus donné l’impression de jouer l’histoire d’un PNJ arrivé là un peu par hasard et avec des statistiques capables de plier en deux les personnages principaux de l’historie plutôt qu’une aventure où j’étais réellement le héros.

Et même quand l’histoire essaie de terminer les événements de Nioh 1, je n’arrive pas à trouver cela convainquant : c’est expédié en deux petites missions alors que ça aurait mérité au moins un contenu téléchargeable aussi bien que ceux du premier Nioh !

En conclusion de ma critique de Nioh 2

Nioh 2 n’est pas un jeu affreux ou immonde, je me suis même amusé en y jouant même si j’ai un plaisir assez mécanique, presque par habitude avec ce jeu. C’est simplement une suite inférieure, selon moi, en tout points à son aîné.

J’espère sincèrement que les futures mises à jour et contenus téléchargeables nous apporteront leurs lots de bonnes surprises pour restaurer un peu l’équilibre du plaisir de jeu mais en attendant je pense que je vais juste poser ma manette et aller m’essayer à d’autres titres.

Mais avant cela je tenais à remercier Julien et PlayStation France de nous avoir envoyé un code de téléchargement pour Nioh 2.

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